Zéro déchet et foutage de gueule

Le sujet de ce billet m’est venu au détour d’une publicité suggérée récemment sur Instagram. Une courte vidéo pour promouvoir un genre de couvercle « universel » en plastique. Un truc pouvant s’adapter à plusieurs contenants de diamètres différents. Parmi les arguments mis en avant pour valoriser cette innovation, il y avait, bien évidemment, celui du zéro déchet. Mais lorsque la publicité a montré en exemple le fait de pouvoir utiliser ce gadget en plastique pour refermer un pot de confiture, je me suis dit : « Non, sérieux ?! On nous prend vraiment pour des cons ! ».

A Noël dernier, mon petit frère que j’aime de tout mon cœur m’a fait un cadeau que j’ai, sur le coup, trouvé astucieux. Il m’a offert des bees wraps ! En d’autres termes, des carrés de coton enduits de cire d’abeille que l’on peut utiliser pour remplacer le film plastique alimentaire.

Plus solides que le célophane, réutilisables et assez naturels dans leur procédé de fabrication, les bees wraps s’inscrivent directement dans les ustensiles zéro déchet qui ont le vent en poupe. Et, aux prémices de leur utilisation, j’étais particulièrement convaincue par ce nouveau jouet qui allait laissé au placard mon précédent rouleau de film plastique.

Erreur.

Parce que voilà qu’un mois d’utilisation plus tard (un mois seulement), ces petits carrés de cotons et de cire d’abeille commencent à montrer de sérieux signes d’usures. C’est que, à force d’être utilisés pour refermer les mêmes contenants -aux diamètres systématiquement identiques, donc- la cire d’abeille vient à disparaitre de l’emplacement de coton qui, justement nous sert à sécuriser les bords du récipient. Le bee wrap perd ainsi sa forme enveloppante autour du contenant à protéger. Et c’est un constat que j’ai fait, rappelons le, seulement après un mois d’utilisation. Alors que le carton d’emballage est formel, un bee wrap bien utilisé, peut avoir une durée de vie d’un an.

Si je résume donc : une entreprise, quelque part, à créé un nouveau produit qui a lui même été « packagé » puis conditionné avant d’être expédié (et transporté) chez des revendeurs pour qu’il arrive dans ma cuisine faire un pied de nez à mon rouleau de film alimentaire. En le recevant je jette dans ma poubelle jaune son enveloppe en carton kraft, utilise mon produit dans des conditions tout à fait normales puis, le jette, lui aussi après quelques mois. Lorsque ce dernier est arrivé en fin de vie.

Est-ce que c’est vraiment cela, le zéro déchet ?

Est-ce que, dans le cas présent, à savoir, ne plus générer de déchets plastiques issus de mon film alimentaire, il n’aurait pas été plus malin de revoir mes habitudes plus en profondeur ? En utilisant des boites hermétiques équipées d’un couvercle par exemple. Ou en recyclant des pots de confitures ou bien des bocaux Le Parfait chinés par-ci par-là ? Ou, quand bien même, l’alternative zéro déchet, la vraie, aux bees wraps, aurait peut-être été d’utiliser des chutes de cotons propres, éventuellement maintenues par des élastiques…

Est-ce qu’en vrai, on ne se moquerait pas un peu de nous avec cette histoire de zéro déchet ?

Autre exemple : les furoshikis ! On nous en a beaucoup parlé à Noël, évidemment. Nous proposant une alternative réutilisable aux papiers cadeaux à usage unique. Dans le fond, l’idée d’utiliser des chutes de tissus, savamment pliées, comme papier cadeau, est très bonne. Le tissu étant plus aisément réutilisable qu’un papier chiffonné, plié, voir même partiellement déchiré. Mais là où le bas blesse c’est lorsque je constate que des entreprises ont flairé le filon pour commercialiser des tissus uniquement destinés à cet usage.

Et plus en profondeur, je commence à remettre en question pas mal d’alternatives dites « zéro déchet ». Les bâtonnets en plastique dur, semblables à de simple cotons-tiges par exemple. Est-ce que leur durée de vie est suffisante pour justifier leur achat ? Les carrés de cotons lavables ne sont-ils pas l’équivalent des gants de toilettes dont on possède forcément un ou deux exemplaires dans le fond de nos armoires ? Les pailles, réutilisables ou non, sont-elles vraiment nécessaires…?

Les exemples similaires sont nombreux.

N’oublions pas que se rapprocher d’un mode de vie zéro déchet, c’est avant tout, faire avec ce que l’on a déjà à portée de main !
Je m’explique.
L’idée c’est d’offrir une ou plusieurs vies à des choses initialement destinées à être jetées. Alors, certes, parfois, le zéro déchet c’est aussi se séparer de quelque chose de définitivement usé pour le remplacer par un équivalent à la durée de vie ostensiblement supérieure. Mais c’est là que la frontière entre réel « investissement » sur l’avenir et green washing est assez étroite. Aussi, pour ne pas tomber dans le panneau, mon conseil est tout de même de se demander plusieurs fois si l’objet qu’on s’apprête à acheter ne peux pas être remplacé par quelque chose que l’on possède déjà.

Et, je t’assures, ça marche !

Et toi, quels sont les conseils zéro déchet que tu aimerais prodiguer ?


crédit photo : by jannoon028 / Freepik

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Blogueuse à l’humour discutable qui aime les trucs gratuits, les rouges à lèvres foncés et les pâtes à la carbonara.

8 Comments

  1. Hello
    Concernant les bee wraps, tu es censée pouvoir les reactiver en les re impregnant de cire d abeille..donc ne pas les jeter.
    Il y a plein de tutos sur le net
    Bonne journée
  2. Même constat avec les bee wrap j’étais toute contente de mon achat ( j’avais réussi à convaincre ma douce moitié) j’ai capitulé ils ont fini à la poubelle !

    Pour ce qui est du coton lavable, j’ai lgt utilisé les gants de toilette et puis un jour j’ai acheté des petits cotons lavable ( le format est plus pratique pour le maquillage) et bien c’était vraiment pas fou ! En revanche, ceux fait par mémé sont top ! Avec une serviette vieille de 10 ans et du tissu récupéré pour une face toute douce !!

    Je finis de raconter ma vie en concluant avec les pot de confiture qui sont devenue mon nouveau cellophane, je conserve tout dedans et là c’est du vrai zéro déchet

    • Oui oui et re-re-oui ! Les pots de confiture, de miel, et plus généralement tout type de bocaux en verre sont aussi devenus mes conditionnements favoris.
      Et j’avoue tu me fais aussi plaisir avec ces bee wrap. J’admets, j’avais envisagé le fait que se soient les miens qui étaient simplement de mauvaise qualité et pas suffisamment enduit. Finalement, non, je vois que c’est bel et bien pas terrible terrible :)
      Merci de ton commentaire en tout cas. A très bientôt.
  3. Hello
    Je suis d’accord avec toi, il vaut mieux réutiliser ce qu’on a déjà plutôt que de se créer de nouveaux besoins soi-disant « zéro déchet ».
    Concernant les bee wraps je n’en ai jamais achetés car ça me paraissait un brin compliqué. En revanche j’ai acheté des charlottes pour plat et je les trouve super pratiques, lorsque j’ai un reste de salade ou de quiche. Je les ai trouvées ici : https://www.lunicecreations.fr/produit/charlotte-a-plat/
    (je sais pas si j’ai le droit de publier un lien, mais je le mets au cas où ça pourrait t’intéresser).
    A bientôt
    • Coucou Cécile :)
      Je reconnais qu’elles sont mignonnes ces petites charlottes. Et, à mon sens, facilement reproductibles pour qui s’y connait un peu en couture. Un carré de coton, un élastique et hop ! Merci de ton commentaire en tout cas et à bientôt sur le blog.
      Bonne journée
  4. Merci pour cet article ! En effet il y a une mode du « zéro déchet »… Du minimalisme, du bio, etc…
    La perfection n’existe pas, chacun fait de son mieux et c’est ça le principal.
    Réutiliser des contenants, attendre de finir un produit pour en racheter un autre, privilégier son petit producteur local même si il n’est pas forcement « bio » plutôt qu’acheter du bio qui a fait 12000 km en avion…
    • Coucou Ludivine,
      Je suis contente que tu soulèves cette aberration du bio qui a traversé des kilomètres ! Nous en parlions pas plus tard que la semaine dernière avec un ami agriculteur en passe de passer label bio. C’est une vraie hérésie d’acheter des articles provenant de l’autre bout du monde sous prétexte que c’est bio et de ne pas faire confiance au producteur de miel local parce qu’il n’a pas d’étiquette verte ! Alors, oui, un grand et gros OUI ! Soyons raisonnable et consommons local avant tout !
      Bonne journée en tout cas et merci de ta visite.

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