Quand les parfums conventionnels m’ont profondément lassé

Mon plus lointain souvenir se rapportant à un flacon de parfum me revient. Maman m’avait offert Pom’ D’Api de ce bon vieux Yves Rocher. Une petite boule de verre renfermant un jus verdâtre qui humait bon la pomme. Une fragrance enfantine, idyllique et sucrée. J’en ai consommé deux ou trois flacons de ce parfum. Et puis, et puis et puis… Mon nez s’est aiguisé et ma perception a bien changé.

Je me revois, à 18 ans, m’apprêtant à claquer cinquante balles dans mon premier « vrai » flacon de parfum. Une somme colossale pour l’étudiante que j’étais. Il faut aussi dire que dans ma famille, la culture des parfums, ne nous a jamais fait vibrer. Alors, j’avais la sensation de faire un truc complètement exceptionnel, extraordinaire même lorsque je suis ressortie du Sephora Grenoble avec « Love in Paris » de Nina Ricci, dans mon petit sac rayé noir et blanc.

Au passage, ne cherchez plus ce parfum, il a été rayé de la carte olfactive Nina Ricci, quelques années plus tard.

Je l’ai aimé ce parfum, jusqu’à la dernière goûte. Il avait quelque chose de très aérien. Il me donnait de l’élégance en même temps qu’il me permettait de rester discrète. C’est du moins la sensation que j’en garde. « Love in Paris » est mon premier parfum à moi.

Les années ont ensuite défilé et j’ai senti des milliers d’autres jus. J’ai acheté, puis jeté « Parisienne » et « Parisienne à l’extrême » d’Yves Saint Laurent ; je me suis évaporée dans « Eaudemoiselle » de Guerlain, j’ai trouvé du réconfort chez « J’adore » Dior.

Et puis…

Je ne sais plus quand ni dans quelles exactes circonstances ce que je vais te raconter s’est produit mais, perdue dans les rayons d’une parfumerie, j’ai un jour pris conscience que plus rien ne titillait mes naseaux. Je ne décelais plus de différences entre le parfum que j’étais en train de sentir et celui que j’avais senti trois minutes plus tôt. Je trouvais que tout semblait s’être uniformisé. Au pire, le parfum me déclenchait une grimace, au mieux je trouvais qu’il sentait bon.

Rien d’autre. Les odeurs ne me soulevaient pas d’anciens souvenirs, elles ne me racontaient pas non plus d’histoires. Et plus généralement, tout ce que je sentais me semblait insipide.

Un petit tour et puis s’en vont

Et un beau matin, voilà qu’il a eu cette goûte d’eau : en discussion avec la gentille esthéticienne qui venait de me délester des trois quart de mes poils, elle me propose de me parfumer. Ni une ni deux, je lui suggère le tout nouveau « Gabrielle » de Chanel, dont l’égérie, Emma Watson, n’était pas pour me déplaire. Et pourtant, c’est la douche froide. Cette fragrance si prometteuse me laisse un souvenir de « déjà senti ». C’est un fait, la principale note de fleurs blanches qu’il contient me rappelle un parfum d’ambiance humé dans d’anciennes toilettes publiques. Voilà qui n’a rien de flatteur devant ce flacon vendu presque 100 euros.

C’est ce dernier échec de flacons de parfumerie qui m’a amené à aller chercher mes jus ailleurs. Sur le terrain des parfums qui n’ont pas de sexe. Sentir des odeurs bien moins communes, découvrir des pressées pas forcément plus coûteuses.

Il m’aura fallut du temps pour saisir que tous les parfums du monde n’étaient pas vendus chez Sephora ou Marionnaud. Qu’il existait une multitude de parfumeurs. Des petites maisons de qualité qui crées une poignée de jus élégamment travaillés et qui ne disposent pas des grandes star d’Hollywood pour mettre en valeur leur flacon stylisés.

Allez voir ailleurs

On m’a parlé d’Etat Libre d’Orange dont les flacons à cocardes sont de véritables livres ouverts où chaque note olfactive est un chapitre à déguster. Une histoire dans chaque jus et des sensations qui me laissent encore abasourdie.

Bien sûr il y a également eu Le Parfum de Lumière de la savonnerie Les Essentiels. Un parfum huileux contesté mais néanmoins très intéressant, dont je t’avais déjà parlé sur le blog. Et aux dernières nouvelles, ce sont les flacons du Bon Parfumeur et de 100 Bon qui m’ont tapé dans la narine.

En ce qui concerne cette dernière maison, 100 Bon, ce fut le coup de foudre à la première vapeur. Surtout pour le flacon « Maquis exquis et Immortelle » qui a définitivement fait chaviré mon cœur. Un tout petit spray sur une touche de papier et j’étais déjà transporté. Un voyage olfactive pour une destination teintée de bois, d’odeur de cave de spiritueux, d’alcool se bonifiant, d’Armagnac, de sucre doré et de tout un tas de trucs qui m’a fait me dire : « merde, mais je n’ai jamais senti comme ça ». Hélas, un peu trop masculin pour être porté à mon cou, je me délecte de sentir désormais cette fragrance sur l’homme qui partage ma vie.

Et je crois que c’est un fait (sans vouloir paraître pompeuse), je me sens bien plus touchée par ces odeurs dénichées qu’en me baladant devant les étagères des grandes parfumeries.

Et toi alors, tu es plutôt team parfum Sephora ou parfum de petites maisons de niche ?

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Blogueuse à l’humour discutable qui aime les trucs gratuits, les rouges à lèvres foncés et les pâtes à la carbonara.

10 Comments

  1. Coucou :)

    Pour ma part j’ai toujours été une  » adepte  » des parfums de parfumerie, et j’insiste sur les guillemets parce que si j’ai quelques flacons de grands parfumeurs, les trois quart du temps j’oublie de m’en mettre et j’en reviens toujours à une petite eau de toilette à la noix de coco que j’ai trouvé au détour d’une balade dans un petit quartier parisien, dans un magasin qui ne payait pas de mine et ou je l’ai déniché pour quelques euros à peine.

    J’aime beaucoup les parfums de parfumerie mais comme toi, je trouve que les odeurs se ressemblent (Encore plus maintenant, il n’y a pas de parfum vraiment  » emblématique  » qu’on reconnait en un coup de nez comme le Chanel 5 par exemple), et ça me dérange de plus en plus de lâcher un billet pour un flacon qui sera joli mais ne me semblera pas forcèment différent de ceux que j’ai déjà :)

    Je vais me pencher sur les petits parfumeurs en question et voir s’il n’y a pas de boutiques du genre à Lyon :)

    Passe une bonne journée !

    • Hey !

      Si je ne dis pas de bêtises, la maison 100 Bon est lyonnaise, ce qui tombe plutôt bien non ? ;)

      Mais je te l’accorde, il n’y a aujourd’hui plus de nouveaux parfums qui laissent une impression folle. Alors on a envie de se tourner vers les endroits un peu plus « indé » pour chercher son bonheur. Un peu comme dans la musique finalement.

      Merci de ton commentaire, et à très bientôt !

  2. J’ai toujours eu du mal avec les parfums souvent trop chimique pour moi. Mais j’ai un amoureux fou de parfum alors du coup, je me suis un peu penchais dessus. Pour mieux comprendre ce que j’aimais ou pas, clairement je ne suis pas attirée par les odeurs trop universel et trop fille. Actuellement je porte Velvet Orchid de Tom Ford, un parfum qui me correspond bien mais qui n’est pas parfait encore. Je suis très fan des odeurs orientals est-ce que dans les marques que tu as cité il y en a qui rentre plus dans cette catégorie ? Ces nouvelles marques de niche m’attirent vraiment !
    • Alala, Tom Ford… j’ai senti son parfum sorti cet été (je ne me souviens plus du tout du nom) et même si je ne l’aurais pas porté, force est de constater qu’il était fou. Incroyable. Extraordinaire. Je me suis directement dit que cette maison devait valoir le coup. Lui aussi a participé à mon envie « d’aller voir ailleurs ».

      D’ailleurs, je vais essayer d’aller à nouveau sentir quelques uns de ses jus tiens ;)

  3. J’ai eu un petit déclic en visitant Grasse et une de ses fabrique à parfum. J’ai craqué pour un de leur cru, au flacon en métal avec une simple étiquette, et je m’en parfume qu’en des occasions importantes tellement j’aime l’odeur qu’il fait sur moi ! Je pense que j’aurai bien du mal à revenir sur des parfums « classiques » maintenant…
    • Comme je te comprends. Trouver « son » parfum loin des Sephora et des parfumeries conventionnelles, ça fait vraiment plaisir. On se dit qu’au moins, il y a peu de chance que l’on croise quelqu’un qui porte la même fragrance que nous. :) Et puis c’est tellement agréable de sentir une odeur si particulière à son cou.
  4. Coucou ! Pour ma part je préfère peu dépenser en parfum, mais je suis prête à mettre le prix si je tombe sur le coup de foudre ! :) Du coup peu importe la marque, je me dirige surtout vers le parfum qui me plaît le plus :)
    • Comme toi, j’ai bien du mal à dépenser pour un parfum. Mais je découvre que lorsqu’on sort des sentiers balisés par les grandes parfumeries, on peu découvrir des petits jus très sympa à petits prix. C’est le cas du Bon Parfumeur et de 100 Bon qui proposent des parfums pour une trentaine d’euros. Et pour encore moins cher, je suis sûre qu’on peut trouver son bonheur chez Adopt’.
      Je pense que question parfum, il y en a vraiment pour toutes les bourses :)
  5. Coucou :)
    C’est marrant parce que je me suis fait exactement ce genre de réflexions y a pas longtemps. J’ai découvert Leather d’Acqua Di Parma, le flacon qui coûte environ un aller retour aux Baléares (non je déconne mais ça fait quand même un deuxième trou de balle glurps), et c’est l’amour fou. Je tiens sur un échantillon des galeries Lafayette comme si c’était le messie, et la fin du flacon a bientôt sonné (c’est la mort dans l’âme que j’en ai saupoudré trois gouttes et demies hier).
    J’ai regardé ma commode où sont posés tous mes parfums, et je me rends compte qu’à certaines exceptions près, les parfums que je possède ne me font plus d’effet. Pire même pour la plupart je me force un peu à les mettre pour les finir.
    Je pense que le nez s’affine, comme le palais qui n’est pas prêt pour le bon vin quand on est gamin. Je possède un flacon de l’Artisan Parfumeur, un peu mon graal, et je me rends compte que j’aime de plus en plus les odeurs simples, uniques et particulières.
    Je ne vois plus acheter de parfum chez Sephora, et je suis carrément prête à attendre pour m’offrir enfin un parfum plus cher mais tellement différent qu’il en vaut la peine.
    J’ai la chance d’avoir une super petite boutique dans Rennes qui propose la marque Etat Libre d’Orange, et j’adore découvrir les noms un peu WTF et les odeurs terribles et souvent surprenantes.

    En bref, je te rejoins et je pense qu’en grandissant le goûts mûrissent, le nez s’affirme, et que du coup on change (outre le plaisir de dégoter LE parfum que tu ne sentiras pas sur chaque nénette au moindre coin de rue (ce qui me perturbe pas mal en général)).

    • Hello Claire !
      Quel plaisir de te lire ici. En vrai, sais-tu que si mon avis à autant changé sur les parfums, c’est aussi grâce à toi ? C’est toi qui m’a fait découvrir l’Artisan Parfumeur et c’est aussi en ta présence que l’on est allée sentir de nouvelles fragrances en marge des habituels rayons aux Galeries. ;)
      Je crois qu’il y a encore un point commun entre nous… ;) On ne va bientôt plus avoir d’excuses pour se marier ^^
      En tout cas, je te rejoins complètement sur cette idée que pour le parfum, comme pour le bon vin, le nez s’affine et l’on apprécie différemment. D’ailleurs je me disais que c’était aussi la même chose pour la musique ou même le cinéma. Et que, quelque part, on ressent une certaine fierté à « sentir ou penser différemment ».
      Sur ce, bonne fin de journée et à très vite bisous.
      PS : Etat Libre d’Orange mérite vraiment qu’on s’y penche, ils ont des choses vraiment vraiment osées. Dont leur fameux « Sécretions magnifiques ». Avant Noël on a poussé les portes de leur boutique et la vendeuse nous a compté quelques « histoires de parfum » et j’ai eu un joli coup de cœur pour « Rien » qui en fait sent tellement… :)

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