Chère amie la migraine

J’ai commencé la rédaction de cet article avec un titre un peu différent : « mon ennemie la migraine ». Et puis, en écrivant, je me suis rapidement rendu compte que je ne la détestais finalement pas tant que ça, cette bestiole logée dans mon crâne qui me causait douleurs et tourments.

Avant que je ne te parle de notre relation actuelle, la migraine et moi, il faut quand même que je te raconte comment l’on s’est rencontré.

A l’époque j’étais enfant. 11-12 ans tout au plus. A vrai dire je ne sais plus trop. Je me souviens simplement que, par moment, une douleur insupportable me forçait à rester clouée au lit, les mains sur la tempe, hurlant à mes parents que j’avais « mal à l’œil ». J’en garde un vrai souvenir de ces nuits où, le sommeil impossible à gagner, je pleurais et me tordais de douleur. Des séquences où, parfois, mon mal de tête terriblement amplifié me refilait la nausée et me faisait même fréquemment vomir.

Une rencontre douloureuse

Maintenant que je connais cette sensation, que je sais ô combien elle peut être vivre, j’ai une vraie pitié pour l’enfant que j’étais et qui se frappait littéralement la tête contre les murs. La migraine ce n’est pas un simple mal de tête. C’est une douleur intense qui cogne, qui vous crie d’aller vous isoler, dans le noir, sans bruit et sans aucune odeur… C’est un mal fourbe qui arrive progressivement et s’intensifie pour quelques heures jusqu’à plusieurs jours.

A l’époque mes parents ont exploré une mauvaise piste pour la simple et bonne raison que je me plaignais de « mal à l’œil » et pas à la tête. C’est que, chez moi, la douleur se situe toujours au même endroit. Très exactement entre ma paupière droite et ma tempe du même côté. Difficile donc pour un enfant de définir clairement la géolocalisation de l’épicentre de la crise. Je me suis donc retrouvé chez l’ophtalmo’, l’ORL… En vain, évidemment.

Mettre un mot sur mes maux

Et puis, un jour, dans des circonstances un peu floues, mon médecin de famille met enfin un nom sur cette amie qui me pourrit la vie : elle s’appelle migraine. Et, je devrais vivre avec elle dès à présent. On me fait aussitôt comprendre que pour mieux l’appréhender, je dois apprendre à déceler les circonstances susceptibles de la faire venir. On me met sur de nombreuses pistes : le stress, le sucre et bien d’autres choses y passent. Et malgré mon point de vue d’enfant qui ne comprend pas bien, je sais que tout ce qu’on me liste ne tient pas.

Des années plus tard, je suis adulte -ou, du moins, en passe de l’être- et c’est seulement après tout ce temps que je décèle les signes avant-coureurs de mes crises de migraine.

Chez moi, la douleur est quasiment tout le temps causé par des changements brutaux de températures. Des courants d’air froid ou chaud directement orientés vers le côté droit de ma tête. La clim ou un radiateur placé au mauvais endroit et je sais que j’y ai droit ! Dans de rares cas, ce sont aussi des odeurs, ou des lumières trop vives qui déclenchent les crises.

Vivre avec la migraine, pas si pire !

Et au moment où j’arrive à comprendre ce qui provoque mes maux de tête, c’est une véritable révolution. J’apprends à contourner les « menaces » et sait reconnaître les signes de crises imminentes. Je ne tarde plus à avaler mon traitement et grâce à internet, je peux d’ailleurs trouver tous mes médicaments en ligne sur des sites spécialisés et sûrs. Je veille à avoir toujours le nécessaire dans ma pharmacie ou dans mes affaires personnelles. En fait, je suis devenue la fille avec de l’ibuprofène en permanence sur elle.

D’ailleurs, désormais, j’ai développé des petites routines pour m’aider à vivre les moments un peu tendus. Si je ne peux pas m’isoler, je bois un café léger (le café et son odeur me font du bien), beaucoup d’eau et m’installe dans un endroit calme et peu lumineux. Lorsque je suis chez moi, je ne tarde pas à gagner mon lit, dégainant également mon petit masque Vyseo que je conserve en permanence au frigo pour qu’il soit toujours froid. Avec les anti-inflammatoires et un conditionnement propice, la douleur s’étouffe vite et je peux retourner rapidement à mes activités.

Malgré toutes les contraintes de ces crises qui durent de 24 à un peu plus de 48h, je ne suis plus du tout effrayée par ce mal qui a établi sa couche dans ma tête et qui se réveille subitement de temps en temps. Cette chose, qui aurait dû être mon ennemie, est finalement devenue mon amie. Une amie un peu toxique, certes, mais avec laquelle on s’acclimate aisément et qui n’a, finalement, plus grand chose de contraignant.

Et toi qui est migraineuse aussi, est-ce que tu as fait de la douleur une ennemie ou une amie ?


 

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Blogueuse à l’humour discutable qui aime les trucs gratuits, les rouges à lèvres foncés et les pâtes à la carbonara.

2 Comments

  1. Migraineuse (mais rarement des crises de plus de 12h) mais surtout sensible aux simples maux de tête pour un rien (ma tête est une capricieuse on va dire mdrrr). Donc comme toi, je sais ce qui ne lui plait pas donc soit j’évite ces situations, soit je prévois et me prépare car je sais que ce sera inévitable. Alors Mme ma tête n’aime pas : rester + de 2h dans la même pièce fermée (manque d’oxygène, pratique pdt les cours), le stress, la fatigue, les grass mat (mon grand drame qd ma médecin me l’a dit), la forte concentration, la période avant les règles, les écrans trop longtemps (pareil, pratique qd on est étudiante), avoir la nuque figée toute la journée, le soleil et la chaleur, la pollution, conduire +sieurs heures (combo intense concentration + enfermement). Cette liste est longue et surtout regroupe une bonne partie de ma vie quotidienne… Et parfois juste une migraine comme ça d’un coup car elle l’a décidé !
    Je ne te cache pas que 3-4 maux de tête par semaine (et tout autant de médocs avalés) de mes 16-17 ans à mes 22 ans ont commencé à me fatiguer (et déprimer) donc j’ai été voir une neurologue qui m’a mise sous bétabloquants. Ma vie a complétement changé et je suis passé à 1 par semaine environ (la +part du tps, car là je sors d’une semaine à 7 maux de tête).
    Ce qui a aussi changé c’est ma découverte des paracétamol caféinés (« Claradol ») car comme bcp, j’avais trop pris de paracétamol donc ça ne me faisait plus rien. La caféine augmentant les effets de cette molécule, les 2 ensembles sont rudement efficaces (et ça évite de me tuer le bide avec de l’ibuprofène). Bon et sinon comme tout le monde, glace sur la tête+noir+sommeil mais faut pouvoir…
    Mais c’est vrai, quand j’ai lu ton titre, je me suis dis « ciel ! ennemie bien-sûr !! » et en fait je me rends compte que elle fait tellement de ma vie, cette petite tête capricieuse que ce serait inutile de la détester tout le reste de ma vie, on a chacun nos défauts, elle, elle est capricieuse et jamais contente, faut juste l’accepter et faire avec ;-). Et être ok de passer une soirée et nuit torrides en compagnie de Mme La Migraine mdrrr
    J’ai beaucoup aimé ton article ! on se sent moins seul.e.s et on voit la chose différemment.
    • Bonjour Marion,
      Merci pour ton témoignage. Quand je lis des récits comme le tient, je me dis que je suis tout de même chanceuse. Certain(e)s ont bien des tourments avec leur tête et j’ai bien l’impression que tu fais partie de ces gens là. Bon courage donc et j’espère que toi et ta tête arrivez tout de même à bien vous entendre parfois :)
      Le cocktail noir+sommeil, je le connais bien celui là et c’est sûr que, jusqu’à maintenant, je n’ai rien trouvé de mieux à faire en cas de crises. Quand au paracétamol caféiné, effectivement, j’en ai déjà brièvement entendu parlé… Le truc c’est que le paracétamol n’a jamais montré ses fruits pour calmer mes maux de tête. Mais il serait peut-être temps de tester à nouveau. Car, comme tu le dis, l’ibuprofène a ses petits effets Kisscool, alors si on peu s’en passer…
      A très bientôt en tout cas. Et bonne chance pour ce confinement.
      :)

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